Intermède : Première naissance Major à Sainte-Justine de Montréal • Interlude: First birth of a Major child at Montreal' St. Justine Hospital


À l'époque l'hôpital Sainte-Justine, fondé par Justine Lacoste et Irma Levasseur, se trouvait rue Saint-Denis entre Bellechasse et Rosemont à Montréal (c'était d'ailleurs sa troisième adresse) et était tenu par les Filles de la Sagesse.

Il faut attendre 1936 pour voir une première naissance MAJOR à l'hôpital Sainte-Justine. En fait il s'agit d'une double naissance, celle des jumeaux Gisèle (Marie Irène Rosine) et Marcel (Joseph Laurent Paul), enfants d'Albert Major et de Claire Foisy, nés le 10 octobre 1936 et baptisés le lendemain par le sulpicien Conrad MacDuff. Gisèle a eu pour parrain et marraine Alexis Dagenais et Irène Alain, son épouse, tandis que Marcel a été parrainé par Laurent Paul Foisy et son épouse Annette Narbonne de Saint-Charles d'Ottawa.

Sources textuelles :
http://archives.radio-canada.ca/sante/sante_publique/clips/5755/
Hôpital Sainte-Justine de Montréal, 1936, F68V, B405
Hôpital Sainte-Justine de Montréal, 1936, F69R, B406


Source iconographique :
http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_dad=portal&_pageid=5677,32379736&_schema=PORTAL

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At the time, the Montreal' Sainte-Justine, founded by Justine Lacoste and Irma Levasseur, was located on St. Denis St., between Rosemont and Bellechasse (it was its third location) and was held by les Filles de la Sagesse.

One had to wait till 1936 to see a first Major birth at Sainte-Justine. In fact it was a double birth: the twins Gisèle (Irene Marie Rosine) and Marcel (Joseph Laurent Paul), children of Albert and Claire Foisy, born October 10, 1936, and baptized the next day by Conrad MacDuff. Alexis Dagenais and his wife Irene Alain were godparents for Gisèle, while Marcel was sponsored by Laurent Paul Foisy and his wife Annette Narbonne of Ottawa's Saint-Charles.

Angélique Proteau : Simon Loüis Perthuis et les registres de Sault-au-Récollet • Simon Loüis Perthuis and Sault-au-Récollet's vital records



Comment acquérir la certitude que la sépulture du 6 juin 1767 à Sault-au-Récollet est bien celle d'Angélique Proteau et non pas une autre, par exemple celle de sa fille Marie Angélique?

L'acte, on le voit, comporte certaines anomalies. Le nom de la défunte a visiblement été laissé en blanc pour être inscrit plus tard. Même dans la marge, le nom «Marie Major» apparaît comme un après-coup. Trois personnes servent de témoins : Louis Turcau, Louis Perthuis, Joseph Marié, le bedeau de la paroisse, c'est-à-dire au moins deux personnes de plus que l'habitude du curé Perthuis.

Les Marie de la famille Major sont peu nombreuses, encore moins celles qui seraient âgées. Le fait que le curé ait laissé son nom en blanc nous permet raisonnablement de douter de l'âge de la défunte. Partant du principe qu'il s'agit d'une vieille femme, que le rédacteur dit âgée d'environ 84 ans, il reste peu de possibilités. Marie Josèphe et Marie Auguste sont déjà mortes; les décès de Marie Thérèse et Marie Marguerite nous sont connus et ne font aucun doute. Il reste deux possibilités : Angélique Proteau, que l'on suppose née vers 1688 et qui aurait près de 79 ans, et Marie Angélique Boutron Major, née en 1707, qui en aurait presque 60 et serait à cette époque considérée comme une femme âgée.

L'acte de sépulture a été rédigé par Simon Loüis Perthuis, né le 24 août 1706 à Arlende, dans le diocèse de Viviers, dans le sud de la France. Ce prêtre est arrivé dans la colonie le 21 juillet 1741 et il est mort le 18 août 1775 quelques mois après la fin de sa cure de Sault-au-Récollet. Il a été curé de Sainte-Anne-du-Bout-de-l'Île de 1742 à 1747, de Saint-Joachim de Pointe-Claire, de 1747 à 1761, et de Sault-au-Récollet, de 1763 à 1775.

Avant de parler des actes rédigés par Simon Loüis Perthuis, je trouve important de relever qu'une personne a abondamment annoté les pages du registre de La-Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Sault-au-Récollet. Il faut procéder avec une attention soutenue pour séparer ce qui revient à messire Perthuis de ce qui relève du «commentateur» malencontreux. Cette personne, dirait-on, s'est attachée à relever les erreurs du curé vieillissant (nombreux oublis, omissions, répétitions). Ma deuxième remarque s’applique à la manière d’écrire le nom du curé : il signe Pertuis, mais j’ai normalisé son patronyme pour le rendre tel qu’il apparaît dans les répertoires consultés.

La première chose qui étonne, en examinant les pages du curé Perthuis, c'est qu'il écrit Jean Batipste au lieu de Jean Baptiste et je soussigné ai batipsé au lieu de je soussigné ai baptisé, ce qui nous permet de croire qu'il souffrait peut-être de dyslexie et, en conséquence, de troubles de mémoire à court terme. Peut-être aussi qu'il avait fait un AVC - pour examiner la question, il faudrait aller considérer les actes de ses autres cures, ce qui n'est pas l'objet de cet article.

à suivre…

Sources :
François Xavier Noiseux, Liste chronologique des évêques et des prêtres, tant séculiers que réguliers employés au service de l’église du Canada depuis d’établissement de ce pays et aussi la liste des évêques des autres possessions britanniques de l’Amérique du Nord, Québec, Chez T. Cary & Cie, imprimeurs libraires, au Chien d’Or, rue Buade, 1834, p. 22.

Henri Gauthier, La compagnie de Saint-Sulpice au Canada, Montréal, Séminaire de Saint-Sulpice, 1912, p. 80.


Cyprien Tanguay, Répertoire général du clergé canadien par ordre chronologique depuis la fondation de la colonie jusqu'à nos jours, Montréal, Eusèbe Sénécal & Fils, imprimeur, 1893, XLVI, 526 pages, p. 117.

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How to acquire the certainty that the burial of June 6, 1767 in Sault-au-Récollet is that of Angelique Proteau and not another, for example that of her daughter Marie Angélique?

The record, we see, has certain deficiencies. The name of the deceased was obviously left blank to be recorded later. Even in the margin, the name "Marie Major" seems like an afterthought. Three people are witnesses: Louis Turcau, Louis Perthuis, and Joseph Marié, the sexton of the parish, at least two more people than usual for this parish priest.

In the Major family there are few Marie Major, much less among the elder. Given the fact that the priest had left the name in blank we can reasonably doubt the age of the deceased. Assuming the deceased is an old woman, the editor said aged about 84 years, there is little opportunity: in the Major family, Marie Josephe and Marie Auguste are already dead, and the deaths of Marie Therese and Marie Marguerite are known and beyond doubt. Two possibilities remain: Angelique Proteau, born circa 1688, so being nearly 79 years, and Marie Angelique Boutron Major, born in 1707, who would be almost 60 and considered an old woman.

The act of burial was written by Simon Louis Perthuis, born August 24, 1706 at ARLENDA in the diocese of Viviers, in southern France. The priest arrived in the colony July 21, 1741 and died August 18, 1775 a few months after the end of his treatment at Sault-au-Récollet. He was parish priest of Sainte-Anne-du-Bout-de-l'Île from 1742 to 1747, Saint-Joachim of Pointe-Claire, from 1747 to 1761, and Sault-au-Récollet from 1763 to 1775.

Before considering the records written by Simon Louis Perthuis, it is important to note that a person has extensively annotated the pages of the register of La-Visitation-de-la-Vierge-Marie of Sault-au-Récollet. We must proceed with careful attention to separate what amounts to sir Perthuis and what was written by this unfortunate "commentator". This person, one might say, has sought to address the mistakes of the older priest (numerous oversights, omissions, repetitions).

My second remark applies to how to write the name of the priest: he signed
Pertuis, but I normalized his surname as it appears in all the directories consulted.

The first thing that surprised me in examining the pages of the priest Perthuis is he writes Jean Batipste instead of Jean Baptiste and I undersigned have batipzted instead of I undersigned have baptized, which allows us to believe that he may have been suffering from dyslexia and had, therefore, an impaired short-term memory. Perhaps he had a stroke - to discuss the issue, we should examine the records of its other treatments, which is not the subject of this article.

To be continued...

Intermède : Ronel Major et Mary Ann Talbot • Interlude: Ronel Major and Mary Ann Talbot


Dans mes notes, Ronel Major (25 janvier 1853 - 22 juillet 1912) et Mary Ann Talbot (2 août 1858 - 6 août 1944) s'étaient mariés à Maniwaki.

Tant que je n'ai pas vérifié une information, je fais comme ça : je prends une note. Pour ce qui les concerne, quand j'en suis arrivée à la vérification, il n'y avait pas de mariage pour eux à Maniwaki.

Mais il n'était pas très loin : Noner Major et Marianne Dalbot - sans doute un problème de curé sourd - s'étaient mariés à Saint-Gabriel de Bouchette le 25 octobre 1875. François Patry, beau-frère de Ronel, et William Griffin servaient de témoins.

Pas de chance pour les généalogistes puisque déjà son acte de baptême se cachait : le rédacteur avait omis le patronyme en marge de l'acte. On pouvait lire : «Jean Baptiste Ronald». Par contre, dans l'acte lui-même, le patronyme apparaissait clairement : Jean Baptiste Ronel Major. Il avait pour parrain son frère Moïse et sa belle-sur Esther Sauvé.

Sources :
Saint-Gabriel de Bouchette, co. Gatineau, 1872-1898, 1875, F35R, M8
Sainte-Madeleine de Rigaud, co. Vaudreuil, 1853, F4V, B11
Saint-Gabriel de Bouchette, co. Gatineau, 1912, F10R, S14
Saint-Camille de Farrelton, co. Gatineau, 1850-1868, 1858, F54V, B25
BSQ - décès


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In my notes, Ronel Major (January 25, 1853 - July 22, 1912) and Mary Ann Talbot (August 2, 1858 - August 6, 1944) were married in Maniwaki.

As long as I have not verified an information, I write a note and take nothing for granted. For what concerns them, when I got to verify, I found no marriage for them in Maniwaki.

But the marriage was not far: Noner Major and Marianne Dalbot -probably a problem of deaf priest- were married in St. Gabriel of Bouchette October 25, 1875. François Patry, Ronel's brother-in-law, and William Griffin served as witnesses.

No luck for genealogists since his baptism record was also in hiding: the priest had omitted the surname in the margin. «Jean Baptiste Ronald» was the name. In the text however, the name was clear: «Jean Baptiste Ronel Major». His brother Moïse and his sister-in-law were godparents.

Est-ce notre Angélique Proteau? • Is it our Angélique Proteau


Nous savons maintenant où Angélique Proteau a été inhumée et à quel moment. Mais comment peut-on en avoir l’assurance?

Nous avons cru longtemps qu’elle s’était remariée et avait vécu à Québec où nous avons été persuadés qu’elle était morte. Ne pourrait-il pas y avoir une autre erreur?

Si la sépulture de Sault-au-Récollet est bien celle d’Angélique Proteau, nous devrions pouvoir observer une constellation de données qui pointent toutes dans la même direction; dans ce but, il importe de tout examiner, de faire le tour de nos connaissances au sujet d’Angélique et de sa famille.

Y a-t-il eu remariage ou pas?

Tout d’abord j’ajouterais que si Angélique Proteau s’était remariée, nous aurions trouvé des traces de sa présence à Charlesbourg, puisque c’est là que vivaient les familles Bouré et Proteau : son frère Jean Baptiste et Marie Anne Bouré Lépine ; la famille de sa soeur Suzanne et François Bouré Lépine; son frère Michel et sa belle-soeur Marie Suzanne Bédard. Seule sa soeur Marie Anne vit à Québec même.

Ensuite, il est fort probable que si Angélique s’était remariée nous aurions trouvé traces de ce mariage à Saint-Laurent - puisque le mariage a de coutume lieu dans la paroisse où vit l’épouse.

Pour ces motifs, pour les raisons également cités dans l’article du 14 novembre dernier, j’aimerais écarter tout de suite l’idée même d’un remariage d’Angélique Proteau.

Nous pouvons passer à l'acte de sépulture lui-même.

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We now know where Angélique Proteau was buried and when. But how can we be sure?

We have long believed that she had remarried and had lived in Quebec where we were convinced she died. Could there not be another mistake?

If the burial of Sault-au-Récollet is that of Angélique Proteau, we should be able to observe a constellation of data all pointing in the same direction. For this purpose, it is important to examine everything from a tour of our knowledgr about Angélique and her family.

Did she tied the knot a second time?

Firstly I would add that if Angélique Proteau had remarried, we probably would have found traces of her presence in Charlesbourg, since that is where lived the Bouré and Proteau families: her brother Jean Baptiste and Marie Anne Bouré Lépine; her sister Suzanne and François Bouré Lépine, her brother Michael and sister-in-law Suzanne Marie Bédard. Only her sister Marie Anne lived in the city of Québec itself.

Then it is likely that it Angélique hard remarried we would have found traces of the marriage in St. Laurent -since it was the custom to have the marriage in the parish where the bride lives.

For these reasons, for reasons also cited in the article of November 14 last, I would immediately rule out the idea of a remarriage for Angélique Proteau.

We can move on to the burial record.

Angélique Proteau : l'acte de sépulture • Angélique Proteau: the burial record


Sans vous faire plus attendre voici l’acte de sépulture d’Angélique Proteau. Elle a été inhumée à La-Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Sault-au-Récollet le 6 juin 1767 par Simon Louis Pertuis prêtre curé.

La base de données du PRDH arrive aussi à cette conclusion.



Et maintenant le travail plus sérieux va débuter : comment peut-on en arriver à cette conclusion?

Sources iconographiques :
La-Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Sault-au-Récollet, île de Montréal, 1736-1778, 1767, F non numéroté, S7 • page 115/173, sur Ancestry.ca

PRDH sur http://www.genealogie.umontreal.ca/fr/ • individu # 12695


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Without further delay here is the burial record for Angélique Proteau. She has been buried by Simon Louis Pertuis, parish priest, in La-Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie of Sault-au-Récollet on June 6, 1767.

PRDH's data base delivers the same conclusion.

And now the more serious demonstration will begin: how do we get to this conclusion.

Avant la sépulture d'Angélique Proteau, les registres de Saint-Antoine • Before the burial of Angélique Proteau: St. Antoine vital records


Je vous ai parlé d'un l'acte de sépulture de Saint-Denis-sur Richelieu transcrit par une religieuse de Saint-Antoine-sur-Richelieu, le village d'en face.

Si vous vous demandez comment il se fait qu'une religieuse d'un village transcrive un acte de sépulture d'un autre village, la raison en est à la fois toute simple et compliquée.

Michel Gervaise, curé fondateur de Saint-Antoine-sur-Richelieu, exerçait les fonctions curiales à Saint-Charles et à Saint-Denis (que de travail! que de distances à parcourir!). Les paroissiens de Saint-Antoine se rendaient à la messe, faisaient baptiser ou enterrer, se mariaient soit à Saint-Denis, soit à Contrecoeur. En 1750, l'évêque a jugé qu'il y avait suffisamment de personnes pour ouvrir une nouvelle paroisse à Saint-Antoine, Michel Gervaise a offert de s'installer là où on voudrait bien lui bâtir d'abord un presbytère pour habiter, puis une église, ce que se sont empressés de faire les Antoniens, au grand dam des Dyonisiens qui avaient refusé, entre autres parce qu'ils ne voulaient pas voir augmenter leur part de dîme.

Ainsi, de 1741 à 1750, jusqu'à la fondation de la paroisse de Saint-Antoine, les registres couvrant Saint-Antoine et Saint-Denis sont fondus dans le même registre (mais Saint-Denis a une copie*). Après 1750, il existe des registres différents.

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I told you about a burial record in Saint-Denis-sur-Richelieu transcribed by a nun typing the vital records of Saint-Antoine-sur-Richelieu, the village on the other side of the Richelieu. If you wandered why a nun transcribing vital records of one parish would transcribe the burial records of another parish, the reason is simple.

Michel Gervaise, founding parish priest of Saint-Antoine-sur-Richelieu, was a missionary in Saint-Charles and Saint-Denis (what a lot of work! what long distances to cover!) St. Antoine parishioners went to mass, got married, baptized or buried either at St. Denis or Contrecoeur. In 1750 the bishop thought there were enough people to found a new parish, and Michel Gervaise offered to go where people would agree to build first a parsonage for him to stay then a church. The people from St. Antoine eagerly accepted to do so, while the people from St. Denis refused -among other reasons because they did not want to supply for the eventual missing tithe.

So, between 1741 and 1750, le vital records of St. Denis and St. Antoine are inseparable: they all can be found in the St. Antoine register (It is generally accepted that St. Denis has a copy*). After 1750, the vital records registers are different.

Sources textuelles :
L'histoire de la paroisse de Saint-Antoine-sur-Richelieu a fait l'objet d'une publication. The history of the parish St. Antoine-sur-Richelieu has already been published in: Ruth Major Lapierre, «Sept curés et demi», Mille saisons : Saint-Antoine-sur-Richelieu, 1750-2000, Saint-Antoine-sur-Richelieu, Société historique et culturelle de Saint-Antoine-sur-Richelieu, 2000, p. 35-67.

* En 1998, en comparant les signatures dans l'un et l'autre registres dans le cadre de son impressionnant travail sur la famille Phaneuf, le chercheur Jean-Marc Phaneuf s'est aperçu que, contrairement à ce que l'on croit, l'original ne se trouve pas dans les feuillets de Saint-Antoine mais dans ceux de Saint-Denis, comme il se doit. Cette découverte est d'autant plus importante que Michel Gervaise a été accusé faussement d'avoir conservé par devers lui l'original des registres de Saint-Denis. Contrary to the common knowledge, the original register of vital records for St. Denis is not within the St. Antoine register (the St. Antoine register is a copy) but with the parish of St. Denis, as Jean Marc Phaneuf realized in 1998 when he compared the signatures of the vital records in St. Denis and St. Antoine. This discovery is important because Michel Gervaise has been falsely accused of keeping for himself the vital records of St. Denis. On peut lire à ce sujet; if interested: Guy Letellier et Jean-Marc Phaneuf, Claude-Mathias Fanef, ancêtre de tous les Phaneuf, Montréal, à compte d'auteurs, 1999, 221 pages.

Angélique Proteau : un mariage et deux enterrements Partie II : une erreur est-elle possible? Part II: is a mistake possible?


Est-il possible que le rédacteur de l’acte de sépulture d’Angélique Proteau à Québec, le 14 juin 1754, ait fait erreur?

Qui a rédigé l’acte de sépulture d’Angélique Proteau de 1754?

Charles Marie Madeleine Youville Dufrost, fils cadet de sainte Marguerite d’Youville, a été ordonné prêtre le 26 août 1752. Avant d’être nommé curé à Lévis, il agit comme vicaire à Notre-Dame de Québec. Dès septembre 1752 et jusqu’à son arrivée à la cure de Lévis en octobre 1754, il signe de nombreux actes : 197 sépultures, 153 baptêmes et 4 mariages. À Notre-Dame de Québec au cours des dix premiers mois de l’année 1754, il appose sa signature au bas de 81 actes.

Quand je consulte une période donnée dans un registre paroissial pour la première fois j’ai l'habitude d'essayer de découvrir quel genre d’erreurs commet le plus souvent le rédacteur des actes. En agissant de la sorte, j’ai le sentiment de mieux le connaître et l’impression de mieux saisir sa façon de penser.

En examinant, par exemple, l’acte de sépulture d’Ignace Bertrand, en date du 27 octobre 1752, on s’aperçoit qu’il nomme les parents de l’enfants «Ignace Bertrand et Jeanne Desrocher» au lieu de Jeanne Laroche.


Quelques jours plus tard, le 31 octobre 1752, dans l’acte de sépulture de Marie Angélique Le Cerf, on s’aperçoit qu’il appelle l’enfant défunte Marie Joseph alors qu’elle se prénomme Marie Angélique, comme sa mère. En marge de l’acte, il se corrigera et écrira : «Mie Angelle».


Le lendemain, premier novembre, le jeune vicaire procède à l’inhumation de Nicolas Bonhomme «dix-neuf ans, fils de feu michel bonhome et de... Moreau son épouse, habitants de la paroisse de l’ancienne lorette». Cette fois, il a oublié le prénom de la mère du jeune homme, Madeleine, qu’il remplace par des points de suspension.

Qu’est-ce que ces erreurs nous disent? Elles nous disent que nerveux comme il pouvait l’être aux premiers jours de sa pratique ou bien fatigué, Charles Marie Madeleine Youville risquait de faire erreur sur le nom des personnes. Il est peu vraisemblable qu’il se trompe dans le texte rituel ou sur une date, mais sur les noms qu’il semble avoir plus de mal à mémoriser.

Mais encore, pourquoi aurait-il inscrit Angélique Proteau au lieu d’un autre nom?

Comme, la plupart du temps, la source des erreurs que l'on trouve dans les registres est proche, j’ai d'abord cherché du côté des Germain. Mais du côté des Germain il n’y avait rien à trouver si ce n’est un Antoine Germain de Saint-Laurent, qui s’était marié à Sault-au-Récollet une première fois en 1750 à Marie Amable Rouleau (Louis et Marie Jeanne Plouf), et une deuxième fois en 1756 à Saint-Laurent à Marie Agathe Groulx (Jean Baptiste et Agathe Hay). J’ai lu la biographie de Marguerite d’Youville pour essayer de trouver un lien entre les Sulpiciens de l’époque à Saint-Sulpice, Saint-Laurent, Sault-au-Récollet, Jean Gabriel Marie Lepage du Lescoät, conseiller spirituel de Marguerite d’Youville et Charles Dufrost Youville. Je n’ai rien trouvé de sérieux sinon quelques petites choses concernant messire Breül sur lesquelles je reviendrai plus tard.

Pour finir, sur le site du PRDH, j’ai demandé sur la famille de Catherine Bouré. C’était là, à la vue de tous. Les Proteau et les Bouré se connaissaient bien. Jean Baptiste Proteau, le frère d’Angélique avait épousé Marie Anne, la soeur de Catherine; Suzanne Proteau, morte l’année précédente et inhumée par Charles Dufrost Youville, avait épousé François, frère de Catherine. On peut noter en passant que le même jour, le vicaire avait aussi procédé à l'inhumation de Geneviève Mercier, fille de Marie Louise Proteau, nièce d'Angélique et fille de Jean Baptiste et de Marie Anne Bouré. Mais il y a plus encore : Angélique est le prénom de la fille aînée de Catherine, issue de son premier mariage avec Jean Girard.

1) Étant donné que Charles Marie Madeleine Dufrost Youville avait du mal à se souvenir des noms;

2) Étant donné qu’il avait inhumé le même jour de l'année précédente Suzanne, soeur d’Angélique et épouse de François Bouré et Geneviève Mercier, sa petite-nièce;

3) Étant donné que les familles Proteau et Bouré étaient proches, puisque la soeur et le frère de Catherine avaient épousé le frère et la soeur d’Angélique, et qu’il est plus compréhensible dans ce cas que l’un et l’autre nom ait été interchangés;

4) Étant donné qu’il ne se trouve pas d’acte de décès antérieur connu pour Catherine Bouré;

5) Étant donné qu’il ne se trouve pas d’acte de mariage connu entre Pierre Germain et Angélique Proteau (on se demande un peu ce qu’elle serait allée faire là-bas à Québec, étant donné que toute sa famille se trouvait sur l’île de Montréal)

Il est plus que probable que la personne inhumée par Charles Dufrost Youville soit Catherine Bouré, veuve en deuxièmes noces de Pierre Germain.


Pour couronner le tout, disons que monseigneur Tanguay, dans son ouvrage, a fait ce que la religieuse de Saint-Antoine-sur-Richelieu – dont il était question l'autre jour – avait fait en transcrivant les actes : en recopiant le nom d’Angélique il n’a pas interrogé l’acte mais a plutôt supposé qu’Angélique s’était remariée.


Alors, sait-on quand elle est morte? Mais oui, on le sait maintenant.

À suivre...


Sources iconographiques et textuelles
Notre-Dame de Québec, co. Québec, 1752-1757, 1754, F38R, S non numérotée
Notre-Dame de Québec, co. Québec, 1752-1757, 1752, F66R, S non numérotée
Notre-Dame de Québec, co. Québec, 1752-1757, 1752, F67R, S non numérotée
Notre-Dame de Québec, co. Québec, 1752-1757, 1752, F67V, S non numérotée
Portrait de Cyprien Tanguay prise sur le site de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Cyprien_Tanguay.jpg; source : William Cochrane, The Canadian Album, men of Canada, Ontario, Bradley, Garretson & Co., vol. 5, 1891-1896.
Monseigneur Cyprien Tanguay, Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, Montréal, Eusèbe Sénécal et fils, imprimeurs, 1886, vol. 2, p. 439.
PRDH : http://www.genealogie.umontreal.ca/fr/
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Is a mistake possible?
Could the person who wrote Angelique Proteau’s record of burial June 14, 1754, be mistaken? Who wrote the burial record?

Charles Marie Madeleine Youville Dufrost, youngest son of saint Marguerite Youville, was ordained on August 26, 1752. Before becoming the parish priest of Levis, he was a vicar at Notre-Dame of Quebec. Between September 1752 and October 1754, he signed many records: 197 burials, 153 baptisms and 4 marriages. In Notre-Dame of Québec, in the year 1754 only, he signed 81 records.


Whenever I look at a definite period in a record register for the first time I developed the habit of trying to see what kind of mistakes a priest makes. Doing so, I feel I know him better and I have the impression I can better seize his way of thinking.

When one looks at the burial record of Ignace Bertrand, on October 27 1752, one can see Charles Dufrost Youville writes the parents of the dead child are «Ignace Bertrand and Jeanne Desrocher» instead of Jeanne Laroche.

A few days later, October 31, 1752, he buries a baby girl, whom he names Marie Joseph Le Cerf, instead of Marie Angélique, just like her mother. In the margin, he corrects his mistake and writes : «Mie Angelle».


The next day, November 1st, yhe young vicar will bury Nicolas Bonhomme, 19 yo, son of defunct Michel Bonhomme and of... Moreau, his wife, living in l’Ancienne-Lorette. This time, he forgot the given name of the mother, Madeleine, that he replaces with suspension points.

Those mistakes tell us that nervous as he probably was in the first days of his work as a priest, or when tired, Charles Marie Madeleine Dufrost Youville was prone to forget names, not the wording of the record, nor the date.

Still why would he have written Angélique Proteau instead of any other name?

Most of the time, in the records, the reason for the mistake is not very far. I first searched the Germain side. But on the Germain side, there was nothing to find except for Antoine Germain from Saint-Laurent, who got married a first time in Sault-au-Récollet to Marie Amable Rouleau (1750 -Louis et Marie Jeanne Plouf), and a second time in Saint-Laurent to Marie Agathe Groulx (1756 - Jean Baptiste and Agathe Hay). I went on to read Marguerite d’Youville’s biography and try to look for a link between the Sulpicians in Saint-Sulpice, Saint-Laurent, Sault-au-Récollet, between Jean Gabriel Marie Lepage du Lescoät, Marguerite d’Youville’s spiritual adviser, and Charles Dufrost Youville. But I found nothing serious. Small interesting things, though... about Mister Breül. I will talk to you later about those findings.

Finally on the PRDH website, I asked for the family of Catherine Bouré. There it was, in plain sight. The Proteaus and the Bourés shared a family history. Jean Baptiste Proteau was married to Catherine’s sister, Marie Anne; Suzanne Proteau, who died the year before and was buried by Charles Dufrost, was married to Catherine’s brother, François. There is more: Angelique is the given name of Catherine’s eldest daughter from her first marriage.

1) Given Charles Marie Madeleine Dufrost Youville was prone to name problems,

2) Given he has buried Angelique’s sister married with a Bouré the year before, and her grand-niece the same day,

3) Given that the Proteau and Bouré families were close-knit with Catherine brother and sister marrying Angélique’s sister and brother,

4) Given there is no known burial record for Catherine Bouré,

5) Given there is no marriage record for Pierre Germain and Angélique Proteau,

It is more than likely that the person buried by Charles Dufrost Youville was Catherine Bouré, who was the widow of her second husband, Pierre Germain.

To top it all, let’s say Monseigneur Tanguay, in his book, did just what the nun in St. Antoine-sur-Richelieu did in copying the vital records: upon readind her name in a burial record, he supposed Angelique had remarried. Without verifying anything, he wrote Angélique had wed twice.

So, do we now know when Angélique died for real and where she was buried? Yes we do.

To be continued...