2009/06/30

De Farnsworth à Phaneuf et de Van den Dijk à Vandandaigne et à Gadbois

Le 6 août 1690 Mathias Farnsworth III (Mathias II et Sarah Nutting) naissait à Groton, Mass. Du côté de mes ascendants Cadieux, Mathias figure en bonne place puisque sa fille Marie Catherine, a épousé François Cadieux, fils de Pierre, petit-fils de Jean. Mais on ne connaît pas Mathias sous ce nom; on le connaît sous son nom de Phaneuf; en fait, il est l’ancêtre de tous les Phaneuf d’Amérique.

En 1704, sa vie a basculé lorsqu’il a été fait prisonnier par les Amérindiens et vendu aux Sulpiciens qui en ont fait un bon catholique francophone.

Pour des habitants de la colonie on s'en doute, son nom était difficile à prononcer. Au moment du baptême catholique de Mathias (devenu Claude Mathias à la demande de son parrain Claude de Ramezay), Farnsworth est devenu Farneth.
Selon les officiants qui ont ensuite dispensé des sacrements, rédigé les actes officiels, retranscrit le patronyme qu'ils entendaient, le nom est devenu Farnout, Fanef, Faneffe, Phaneffe, Faneuf, puis Phaneuf, forme dans laquelle le nom s’est fixé.

Quant à Joseph Vandandaigue, menuisier flamand arrivé en 1675, son nom a subi aussi de multiples déformations. Lui, il est mon ancêtre par les Giroux, toujours du côté Cadieux. (À l’origine, il s’appelait Van den Dijk, qui signifierait «de la digue»). On imagine déjà pour des francophones la difficulté à prononcer son nom! Il est arrivé Van den Dike, puis est devenu Vendendaique, Vandandeque, Vandandec, Vandandaigne, Vandandaigue, Vandandaigle. Et tout ça, sans compter son Gastebois, Gatebois, Gadbois.
Pourquoi je vous raconte tout ça? Pour montrer que les patronymes ont été appelés à changer énormément jusqu’à ce que leur forme commence à se fixer, généralement quelque part au XIXe siècle et qu’il ne faudrait surtout pas chercher à maintenir artificiellement une forme pas encore fixée comme c'est le cas pour Estienne Boutron Major quand nous en faisons un Bontron.

Sources iconographiques :
Photographie du monument : Ruth Major Lapierre
Baptême de Claude-Mathias : Family Search, Notre-Dame de Montréal, 1706, F3R (3/47), B non numéroté
Mariage de Joseph Vandandaigue : Family Search, Notre-Dame de Québec, 1667-1679, 1678, F458R (232/235), M non numéroté.

Sources textuelles :
Guy Letellier et Jean-Marc Phaneuf, Claude-Mathias Fanef, ancêtre de tous les Phaneuf, Montérégie, à compte d'auteurs, 1999 – ISBN : 2 9806530 00 4.
http://www.nosorigines.qc.ca/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Vandandaigue_Joseph&pid=18678&lng=en

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Mathias Farnsworth III (Mathias II and Sarah Nutting) was born in Groton, Mass. on August 6th 1690. According to my ascendance on the Cadieux side, Mathias is my ancestor since his daughter Marie Catherine was married to François Cadieux, son of Pierre, grand-son of Jean. But we do not know Mathias under the Farnsworth name: for us he is Phaneuf. In fact Mathias is the ancestor of each and every Phaneuf in America.

In 1704, his life took a sudden turn when he was held captive by the Amerindians and then sold to the Sulpicians who made a French-speaking good Catholic out of him.

Without a doubt the inhabitants of the colony had trouble pronouncing his last name. When he was baptized a Catholic, he became Claude Mathias at the request of his godfather, Claude de Ramezay. His name went from Farnsworth to Farneth.

Depending on the priests who performed the sacraments, on the officials who wrote the acts, who wrote the name as they heard it, the name became Farnout, Fanef, Faneffe, Phaneffe, Faneuf, and Phaneuf, form under which we now know the family.

The same thing goes for Joseph Vandandaigue, a Flemish carpenter who arrived in 1675. His name had to suffer multiple distortions. He is my ancester by the Giroux, still on the Cadieux side. In the beginning, his name was Van den Dijk, which means «from the levee». One can only imagine how the French-speaking had trouble pronouncing his name! He arrived Van den Dike and became Vandandaique, Vandandeque, Vandandec, Vandandaigue, Vandandaigle. All this without even talking about his nom-dit Gastebois, Gatebois, Gadbois.

Why do I tell you all this? To show how the names were to change until their definitive form appeared, somewhere in the XIXth century. Just to tell you I think it is better not to try to maintain artificially a form yet to be determined as it is the case with Estienne Boutron Major when we call him Bontron.

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