2009/10/31

Avant de parler d'Angélique Proteau • Before writing about Angélique Proteau


Quand je pense à Angélique Proteau, c’est plus fort que moi, je pense à Christophe Lajoye. Le 28 avril 1748 était inhumé à Saint-Denis-sur-Richelieu le corps de Christophe Lajoye, âgé d’environ 60 ans. Deux siècles plus tard, une religieuse courageuse entreprenait de recopier intégralement les registres de la paroisse de Saint-Antoine-sur-Richelieu. Cette bonne religieuse a décidé d’aider les généalogistes en les mettant sur sa propre piste de recherche : elle a ajouté «époux de Louise Gagné» à l’acte de sépulture transcrit. Or, ce faisant, elle a aussi fait une erreur de transcription : dans son tapuscrit, «Lajoye» est devenu «Lajoue» (mais on peut garder à l’esprit, pour compliquer encore les choses, que Lajoye se prononçait Lajoué à l’époque). Christophe Lajoue existe bel et bien, et il est marié, vous l’aurez deviné, avec une dénommée Louise Gagné. En examinant les choses d’un peu plus près toutefois, force était de constater que Louise Gagné, en se remariant au mois de juillet 1699 avec Pierre Blanchet (de qui elle aurait eu neuf enfants), devenait bigame. Sans le recours à l’acte original, il aurait été impossible de relever que le curé Michel Gervaise, rédacteur de l’acte, n’avait pas écrit «dont la femme s’appelle Louise Gagné», mais plutôt «dont la femme est à Montréal». Après vérifications, le défunt s’appelait Lajoie (et non Lajoue), Christophe Saint-Christophe Lajoie. Il était soldat de la compagnie de Repentigny. Quant à la femme de Montréal, elle s’appelait plutôt Marie Françoise Valade Lajeunesse... Et elle n’était pas bigame.

Il faut garder à l'esprit que, sans actes originaux, nous risquons de nous tromper - ce qui ne signifie pas que les registres ne contiennent pas d'erreur, juste qu'il faut toujours revenir aux originaux chaque fois que la chose est possible et ne jamais faire des répertoires transcrits et retranscrits des documents auxquels on peut croire sans risque d'erreur.

Source iconographique :
Saint-Antoine-sur-Richelieu, co. Verchères, 1741-1779, 1748, F18R, S non numérotée

Note :
Il y a quelques années le contenu de cet article a fait l'objet d'une publication. The theme of this article has been published a few years ago : Ruth Major Lapierre, «À travers les registres de Saint-Antoine-sur-Richelieu», Entre nous, bulletin trimestriel du Club de généalogie de Longueuil, mars 1998, vol. 7, no 1, p. 20-21.

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Whenever I think about Angelique Proteau, I think about Christophe Lajoye. On April 28th, 1748, the body of a Christophe Lajoye, about 60 yo, was buried in Saint-Denis-sur-Richelieu. Two hundreds years later, a courageous nun was typing all of the vital records of Saint-Antoine-sur-Richelieu’s parish. The good nun took upon herself to help genealogists in giving them her own hypotheses about this dead man -except she did not write it was an hypothesis. In the burial record she transcribed, she added «husband of Louise Gagné». Wait: there is more. She also managed to make a mistake in typing the name Lajoye: she typed Lajoue (to further complicate things, let’s say that the name Lajoye was pronounced Lajoué at de time and you get an idea of the whole schmilblick). The fact is Christophe Lajoue did exist and you guessed it he was married to a Louise Gagné. Examining more carefully the situation however, one must realize that Louise Gagné would have become bigamous when she took for her second husband Pierre Blanchet in 1699 - and she bore him nine children! Without the original record, it would have been impossible to notice the parish priest, Michel Gervaise, did not write «whose wife is Louise Gagné» but «whose wife is in Montreal». It would have been impossible to see that he had written Lajoye, not Lajoue. In fact, the defunct was Christophe Saint-Christophe Lajoie; he was a soldier with the De Repentigny compagnie. As for the woman in Montreal, her name was Marie Françoise Valade Lajeunesse, and she was never a bigamous.

One must always keep in mind that without original vital records mistakes are possible - that does not mean vital records do not entail mistakes, only that we must always go back to the originals whenever possible and never believe that what is written in indexes copied and transcribed so many times involve no errors.

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