2010/01/31

De retour à la sépulture d'Angélique et à Simon Perthuis • Back to Angélique's burial and to Simon Loüis Perthuis


L'image qui apparaît ici est tirée du site FamilySearch, répertoire de la paroisse de Sault-au-Récollet, 1736-1778, pour l'année 1765, et présente les actes des feuillets 80V et 81R.

Au cours du dernier mois, j’ai travaillé davantage à la famille Tellier Lafortune de ma généalogie et abattu, avec des proches cousines Lafortune rencontrées sur Internet (eh! oui!), quelques murs de briques familiaux. Nous avons découvert où avait été enterré un arrière-grand-père; chemin faisant, nous avons aussi fait la connaissance d'une famille dont nous n’avions même jamais entendu parler - et, conséquemment, rencontré par actes et recensements interposés, d’autres cousins Lafortune. C’était super chouette : nous avons travaillé fort et dans la joie. Surtout, surtout, des liens formidables ont été tissés entre nous! Ce soir j'ai même souhaité bon anniversaire à une cousine jamais encore rencontrée «en vrai», qui célébrait son quatre-vingtième anniversaire de naissance.

Mais revenons à Angélique Proteau et à l'acte de sa sépulture. La dernière fois, nous avions vu que l'acte avait été rédigé par Simon Loüis Perthuis, curé de Sault-au-Récollet de 1763 à 1775. Dans un premier temps, j'ai montré que le curé inversait certaines lettres : il batipsait les enfants qu'on lui apportait et rencontrait plus souvent des Jean Batipste que des Jean Baptiste.

L'acte de sépulture semble, de prime abord, affecté de défauts particuliers : le nom de la défunte a été laissé en blanc et l'espace rempli plus tard; même en marge de l'acte le nom «Marie Major» semble être la suite d'une réflexion après-coup. Les relations familiales : «épouse de…» ou «fille de… et de…» ont été laissées en blanc. On se doute bien qu'il ne s'agit pas d'un enfant, parce que le curé n'écrit pas «enfant de…»

En présence d'un acte aussi déficient, il importe je crois d'examiner les autres actes du curé.
  1. Quel sorte d'administrateur civil et religieux était-il?
  2. Comment se comportait-il en rédigeant les actes?
  3. Était-il un rédacteur fiable?
Je vous l'ai déjà dit : je commence par approcher les registres en étudiant le travail des rédacteurs. Cette manière de procéder me permet de répondre aux trois questions précédentes et de mieux entreprendre la validation de l'information trouvée dans un acte.

Dans le cas du curé Perthuis, ce n'est pas la catastrophe, mais ce n'en est pas loin! Dès le début, dès 1763, les actes qu'il rédige sont problématiques.

Petite note en passant. En 1763, alors que le curé Perthuis commence sa cure, meurt Suzanne Lebeau, épouse de Louis Major, qui n’utilise que la forme Major, que ce soit au moment du décès de son épouse, au baptême ou à la sépulture de sa fille Marie Anne (tous actes au feuillet 75R). Nous y reviendrons bientôt.

En S36, le 4 novembre 1763, Simon Loüis Perthuis oublie le patronyme de l’enfant défunt qu’il prénomme Jean et de ses parents; tout au plus sait-il que le nourrisson est âgé de 15 jours. Le curé laisse en blanc le nom de l’enfant et celui de ses parents.

En B48, il écorche le patronyme Boudreau Graveline qui devient sous sa plume Bourdreau.

En B5 du 6 février 1764, l’acte est laissé presque entièrement en blanc, parce qu’il a oublié le nom de l’enfant et l’identité des parents et des parrain marraine. Il se borne à dire qu'il a baptisé un enfant.

En B8 du 21 février, il laisse en blanc le prénom de l’enfant avant de l’inscrire plus tard.

En M9 du 7 mai 1764, il oublie de nommer les parents des époux, Thérèse Lafrance et Dominique Prégard.

En M1 du 7 janvier 1765, il oublie complètement la liste des témoins au mariage entre François Amable Lécuyer et Marie Anne Choret.

En M2, le même jour, il oublie tout aussi complètement la liste des témoins au mariage de François Potvin et Louise Robidoux.

Voici maintenant les feuillets dont l'image apparaît en présentation.

En B7, le 11 février 1765, dans la marge, le patronyme de la mère a été attribué à l'enfant; ainsi l'enfant s'appelle-t-elle Marie Angélique Bibeau au lieu de Marie Angélique Lemay.

En S3 en date du 18 février 1765, le prénom de l'enfant inhumé n'apparaît pas. Nous apprenons seulement qu'il s'agit d'une fille. (Il s'agit de Marie Élisabeth Sanscartier comme on peut le lire sur la fiche 274628 du PRDH.)

En S4, le 21 février, il enterre Marie des Anges Delorme au lieu de Marie Angélique (naissance : Sault-au-Récollet, 1736-1778, 1756, F51R, B4).

En B10, le 23 février, aucun nom n'est donné à l'enfant; encore une fois, il laisse un espace blanc. Nous savons qu'il s'agit d'une fille de Mathurin Martineau. Quelques semaines plus tard, en mai, il enterrera un fils de Mathurin Martineau à qui il se bornera de donner le prénom de Joseph (naissance : ibid., 1747, F19R, B11).

En S5, le 24, il enterre François, le fils de défunt Jean Baptiste Pigeon et de Marguerite Turcot, enfant qu'il appelle Quenneville dans la marge.

Le lendemain, en B12, il baptise Marguerite Quenneville, fille d'Antoine.

Le 27 février, en B13, il baptise un enfant dont il commence par laisser le prénom en blanc avant d'ajouter «Bazile». En marge du texte, il a cependant déjà nommé l'enfant François Pominville, comme son père.

Quelques jours plus tard, le 3 mars 1765, en S6, il procède encore une fois à l'inhumation de François Pigeon, fils de défunt Jean Baptiste et de Marguerite Turcot.

Le 4 mars, en S7, il enterre un enfant dont il a oublié le prénom. Il laisse l'espace en blanc avant d'ajouter qu'il s'agit de Joseph (en réalité Pierre) fils de Joseph Bonenfant (en réalité Jean Baptiste Bonenfant) et de Marie Joseph Lahaie (en réalité Marie Hélène Lahaise - PRDH famille # 29415).

Le 6 mars, en S8, il officie aux funérailles de Baptiste Sanscartier, fils de Baptiste Sanscartier et de Louise Bayard. Il laisse le prénom en blanc avant d'inscrire, très pâle, Batipste.

Exceptionnellement, l'acte du 16 mars, S9, ne comporte pas d'erreur.

En S10, le même jour, il enterre François Joseph (en réalité François Marie) fils de Beauséjour (sans prénom) et de Marie Joseph Boismenu.

En S11, toujours le 16 mars, il procède à l'inhumation de Marie Louise Dauphiné, qu'il commence par appeler Pierre, puis Louise, avant d'ajouter Marie devant Louise. Il la dit fille de Pierre Dauphiné (alors qu'il s'agit d'Antoine) et de Marie Sanscartier (Louise de son nom) (PRDH famille # 38926).

La S12 du 17 mars ne comporte pas d'erreur apparente.

La S13 du 18 mars, celle de Basile Pominville, ne comporte apparemment pas d'erreur non plus; mais c'est sans doute l'acte qui lui permet de venir remplir le blanc laissé au moment du baptême de l'enfant et de le prénommer Bazile à retardement.

Enfin, en S14, le 26 mars, le texte ne comporte pas d'erreur de nom, mais d'âge. Il déclare l'enfant âgé de quatre mois, alors il en a sept - mais il s'agit d'une erreur mineure comparativement au reste.

à venir, le feuillet de la sépulture d'Angélique Proteau...

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The image shown here is from the FamilySearch Site, register of the parish of Sault-au-Récollet, 1736-1778, for the year 1765, and presents the records that appear on the leaflets 80V and 81R.

During the last month I worked more on the Tellier Lafortune family in my genealogy and, with close cousins Lafortune encountered on the Internet (yes!), resolved a few brick walls. We discoverez the date and the place a great-grand-father died and was buried; we also met an additional family we had never heard of - and conséquently met, by way of records and censuses, other Lafortune cousins. It was super nice: we worked hard and with joy. Especially, above all, great likns have been forged between us! Tonight I even had the fantastic opportunity to wish a happy birthday to a cousin never met "for real" who was celebrating her eightieth birthday.

But back to Angélique Proteau and the burial record. The last time, we saw the record had been written by Simon Loüis Perthuis, parish priest of Sault-au-Récollet from 1763 to 1775. Initially I showed that he reversed some letters when he wrote.

Angélique's burial seems, at first, assigned to particular defects: the name of the deceased was left blank and later the space was filled. Even in the margin the name Marie Major seems to be an after thought. Family relationships: "wife of…" or "daughter of… and of…" were left blank. There is little dooubt that the deceased is not a child.

In presence of such a retarded record, I think it is important to consider closely the other records written by the same priest.


  1. What king of religious and civil administrator was he?
  2. How did he behave in drafting the records?
  3. Was he a reliable editor?
I have already said it: I approach the registers with a serioux glance at the priest's work. This way I am allowed to answer the three questions above and to better undertake the validation of information I found in a record.

In the case of Simon Loüis Perthuis, the work is not a disaster, but it is not very far from it. From the beginning, in 1763, his records are very problematic, to say the least.

Small note. In 1763, when the priest begins his work at Sault-au-Récollet, Suzanne Lebeau dies. She is the wife of Louis Major who uses only the Major form of his name, whether for the death of his wife, the baptism or the burial of their daughter Marie Anne (records in 75R). We will come back to this subject pretty soon.

In S36, November 4, 1763, Simon Loüis Perthuis forgets the surname of the deceased child he names Jean and his parents. He only says the child is 15 days old. The priest leaves a blank space where the name of the child and his parents should have been.

In B48, he mangles the Boudreau Graveline surname which becomes Bourdreau.

In B5 of Feb. 6, 1764, the record is left almost entirely blank, because he has forgotten the name of the child and the identity of parents and godfather and godmother. He merely says that he baptizes a child.

In B8, of Feb. 21, he leaves a blank instead of the name of the child before writing it later.

In M9 the May 7, 1764, he forgets to name the spouses' parents, Thérèse Lafrance and Dominique Prégard.

In M1 of January 7, 1765, he completely forgets the list of witnesses to the marriage between François Amable Lécuyer and Marie Anne Choret.

In M2, the same day, he forgets completely the list of witnesses to the marriage of François Potvin and Louise Robidoux.

Here is the page that appears in the photo presentation.

In B7, February 11, 1765, in the margin, the surname of the mother is assigned to the child - the child is called Marie Angelique
Bibeau instead of Marie Angelique Lemay.

In S3, dated February 18, 1765, he forgets the name of the child he just buried. We learn only that it is a girl. (This is
Mary Elizabeth Sanscartier as can be read on the sheet PRDH #274628.)

In S4, Feb. 21, he buries
Marie des Anges instead of Marie Angélique Delorme (see birth on : Sault-au-Récollet, 1736-1778, 1756, F51R, B4).

In B10, Feb. 23, no name is given to the child. We know it is a daughter of Mathurin Martineau. A few weeks later, in May, he buries a son of Mathurin Martineau to whom he only give the name of Joseph (see birth:
Ibid., 1747, F19R, B11).

In S5, 24, he buries François, son of the late Jean Baptiste Pigeon and Marguerite Pigeon Turcot. In the margin the child is named
Quenneville.

The next day, in B12, he baptizes Margaret
Quenneville, daughter of Antoine. And we can guess the name Quenneville in the aforementioned record comes from this baptism.

On 27 February, B13, he baptizes a child for whom he begins by leaving the name in blank before adding "Bazile". Alongside the text, however, he had already named the child François Pominville, like his father.

A few days later, on March 3, 1765, in S6, he proceeds once again to the burial of François Pigeon, son of the late Jean Baptiste and Marguerite Turcot.

On 4 March, in S7, he buries a child he has forgotten the name. He leaves a blank space before adding that he is
Joseph (actually Pierre) son of Joseph Bonenfant (actually Jean Baptiste) and Mary Lahaie (actually Marie Helene Lahaise - PRDH Family # 29415).

On 6 March, S8, he officiated at the funeral of Baptiste Sanscartier, son of Baptiste Sanscartier and Louise Bayard. He left the name blank before scoring, very pale,
Batipste.

Exceptionally, the act of March 16, S9, contains no error.

In S10, the same day he buries
François Joseph (actually François Marie) son of Beausejour (no surname) and Marie Joseph Boismenu.

In S11, still on March 16, he proceeds to the burial of Marie Louise Dauphiné, starting by calling her
Pierre, then Louise, adding Marie to Louise. He says she is a daughter of Pierre Dauphiné (when he is Antoine) and Marie Sanscartier (she is Louise) (PRDH family #38926).

The S12 of March 17 contains no apparent error.

The S13, of March 18, is that of
Basile Pominville, but it is probably the record that allows him to come and fill the blank left when the child was first baptized in B13.

Finally, in S14, March 26, the text does not contain a misnomer, but a mistake in the age. Simon Loüis Perthuis declares the child is four months old, when he is seven - but this is a minor mistake compared to the rest.


Next, the leaflet of Angélique Proteau's burial ...

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