2010/03/20

Angélique Proteau : la preuve, enfin / proof, at last!

J’ai cherché longtemps – sans trop savoir ce que je cherchais au juste, quelque chose qui me permette de croire qu’Angélique Proteau soit s’était remariée, avait vécu à Québec et y était morte, soit qu’elle était toujours vivante et habitait chez l’un ou l’autre de ses enfants.

Quand j'ai eu fait le tour de toute la question de Québec et constaté que les chances étaient pratiquement nulles qu'Angélique soit même retournée à Québec, je me suis dit qu'il fallait la retrouver pour avoir une idée du lieu de son décès.

J’ai fait le tour des enfants et des petits-enfants : naissances, mariages, décès. Rien. (M’enfin, rien pour ce qui la concerne directement, mais bien autres choses dont il sera plus tard question.)

Finalement, c’est dans un acte du 29 octobre 1764 que la preuve est apparue. Dans cet acte, Louis Major se marie pour la troisième fois. Son épouse s’appelle Angélique Valade et elle sait signer, contrairement à son mari.

Dans l’acte on dit l’épouse veuve de Jean Baptiste Chartrand, «fille de feu guillaume Valade et de feue Marie Joseph Deguire»; quant à l’époux, il est dit «fils de feu Etienne Bontron et d’Angélique Proteau, ses père et mère de la paroisse de Sault au Recolet».

Vous avez lu? «Ses père et mère de la paroisse de Sault au Recolet». C'était tout simple, au fond. Le père est mort et la mère vit à Sault-au-Récollet.

Angélique est vivante en 1764 et elle habite Sault-au-Récollet. Elle ne s’est pas mariée avec Pierre Germain et n’a pas vécu à Québec; elle n’est pas morte en 1754. Comme sa fille habite à Saint-Laurent, la défunte de 1767 ne peut être qu'Angélique Proteau.

Il est fort possible qu’Angélique ait vécu chez son fils Louis à Sault-au-Récollet, d’autant plus que celui-ci en était à son deuxième veuvage et qu’il avait cinq jeunes enfants dont il fallait s’occuper. Le dernier de ses enfants vivants, François Michel était né en 1761. Entre la naissance de Jean Baptiste en 1753 et celle de Marie Suzanne en 1755, la famille a quitté Saint-Sulpice pour venir s’installer à Sault-au-Récollet. Depuis lors, Louis a presque toujours été connu sous le  seul nom de Major.

En conséquence il n’est donc pas étonnant que l’acte de sépulture parle de Marie Major. On sait que Estienne est mort depuis 1743; que le curé Perthuis ne l’a probablement pas connu, et que sa seule référence soit la relation entre la personne décédée et Louis Major.


En passant :

1) le deuxième degré d’affinité pour lequel les futurs époux ont dû obtenir dispense d’affinité vient du fait que Marie Deguire, première épouse de Louis Major, était la petite-fille de François Deguire Larose et de Marie Rose Colin, par son père François, tandis que Angélique Valade l’était par sa mère Marie Joseph Deguire; les deux épouses de Louis Major étaient cousines germaines. Quant une explication concernant les liens de parenté et d’affinité qu’elles soient naturelles, légitimes, ou ecclésiastiques, on les trouvera sur mon autre blogue, La compagnie des arbres.)

2) Le vicaire de Notre-Dame de Montréal, Louis Jollivet qui célèbre le mariage de 1764, est encore jeune – il a 39 ans –. S'il rature assez souvent certains mots, il n'oublie pas de détails et les actes qu'il rédige sont fidèles au contenu textuel imposé. Pour célébrer le mariage de Louis Major, il a nécessairement en main son baptistaire rédigé par messire Ysambart et qui lui confère le nom de Bontron Major.

Sources : 

Notre-Dame de Montréal, 1762-1766, 1764, FV non numéroté, M non numéroté.
La-Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Sault-au-Récollet, île de Montréal, 1736-1778, 1767, F non numéroté, S7
Notre-Dame de Montréal, île de Montréal, 1717-1720, F163R, B non numéroté

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I searched a long time - without really knowing what I was looking for exactly, only something that would allow me to believe that Angelique Proteau had remarried, lived in Quebec and wether she was dead or still alive and living with one of her children or another.

When I finished considering Quebec city as a possibility for her, when I realized it was almost impossible she had returned to Quebec, I knew I had to find where she has been after Estienne’s death.

I toured the children and grandchildren: births, marriages, deaths. Nothing. (Nothing to which it was directly related, but I most certainly found other things we will see in later issue.)

Finally it is in a marriage record of October 29, 1764 that the evidence I was looking for emerged. In this document, Louis Major married for the third time. His new wife was called Angélique Valade and she knows how to sign, unlike her husband.

In the record it says she is the widow of Jean Baptiste Chartrand, "daughter of the late Guillaume Valade and the late Marie Joseph Deguire" while the husband  is "son of the late Etienne Bontron and of Angelique Proteau, his father and mother of the parish of Sault au Recollet.

Did you see? «His father and mother of the parish of Sault au Recollet.» So simple in the end. The father is dead and the mother is living in Sault-au-Récollet.

So Angelique is alive in 1764 and lives Sault-au-Récollet. She was never married to Pierre Germain and has not lived in Quebec, she has not died in 1754. As we have seen her daughter Angélique still lives in Saint-Laurent at the time so the 1767 deceased can only be Angélique Proteau.

It is quite possible that Angélique has lived with her son Louis in Sault-au-Récollet, especially as he was in his second widowhood and had five young children who needed attention. The last of his children alive, Michel François was born in 1761. Between the birth of Jean Baptiste in 1753 and that of Suzanne Marie in 1755, the family left Saint-Sulpice to settle in Sault-au-Récollet. Since then, Louis has almost always been known by the single name of Major.

Therefore it is not surprising that the act of burial refers to Mary Major. We know that Estienne had died in 1743, we can assume that the priest Perthuis probably did not know him, and that his only reference to dececeased was the relationship she had with Louis Major.



1. The second degree of affinity for which the bride and groom had to get dispensation of affinity is that Marie Deguire, first wife of Louis Major, was the granddaughter of François Deguire Larose and Marie Rose Colin by her father François, while Angélique Valade, was by her mother Marie Joseph Deguire; the two wives of Louis Major were first cousins. For an explanation about kinship and affinity, please go on my other blog, La compagnie des arbres.

2. The vicar of Notre-Dame of Montreal, Louis Jollivet, is still a relatively young man in 1764  when he celebrates the marriage of Louis Major and Angélique Valade. If he does cross out a few words, he does not forget details and he is faithful to the text imposed. Another thing: to celebrate the marriage, he must necessarily uses the baptistery written by messire Ysambart which gives Louis the name  Bontron Major.

1 commentaire:

  1. Je viens juste de trouver ton blog et cet article et j'en suis contente, parce que Angélique Proteau est mon ancêtre. Tu a bien expliqué la date et lieu probables de son décès. (Tanguay et PRDH on compliqués les affaires, non?)

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