2010/04/13

La vie à Détroit : Angélique marraine • Life in Detroit: Angelique godmother

Pendant son séjour à Détroit, Angélique Proteau sera marraine à trois occasions.


 La première fois, le 21 novembre 1706, elle signe d'une croix un acte fort étrange dans lequel l'enfant n'est pas nommé, ses père et mère non plus. Et pourtant, le nom d'Angélique Proteau apparaît bel et bien  avec le parrain Louis Normand qui signe au bas de ce baptême que vient à son tour signer «Dominique de La Marche, missionnaire récollet au fort Pontchartrain du Détroit»! On peut supposer qu'il s'agit d'un petit garçon huron comme il y en a beaucoup autour du fort, puisque nombre de soldats vivent avec les Amérindiens, en dehors du fort.




 Cette fois-ci, pas de doute, il s'agit d'un enfant amérindien, qui se prénommera Joseph et aura pour parrain le maître charpentier Joseph Chabot et pour marraine notre ancêtre. Encore une fois, elle trace une croix en guise de signature.


Notre ancêtre sera marraine une troisième fois d'une enfant huronne qui sera baptisée Marie. Angélique Proteau tracera son habituelle croix pour signer le document.

Une particularité, cette fois. On peut lire «Angélique Proteau femme de Major, habitant du Détroit».

Le fait qu'Angélique soit systématiquement marraine d'enfants hurons (en faisant l'hypothèse que le premier baptême est celui d'un enfant huron) m'amène à croire qu'Étienne et Angélique étaient installés parmi la population huronne ou à proximité. 

Antoine de Laumet de Lamothe Cadillac avait installé à proximité du fort Pontchartrain des Hurons, des Outaouais et des Miamis et y avait placé sa garnison pour qu'elle se mêle aux populations amérindiennes.

En outre, la guerre qu'étaient amenés à faire les soldats des compagnies de la Marine avaient plus à voir avec la petite guerre (ou guérilla) qu'avec les combats à l'européenne, disparus depuis belle lurette. Mais ça c'est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons un peu plus loin. 

Pour en revenir à Angélique et à Étienne, ils ont dû apprendre à Détroit la langue huronne puisque des liens de parrainage se sont tissés entre eux et les parents d'au moins trois enfants de Hurons convertis.


Sources : 
Ancestry.ca, Early U.S. French Catholic Church Records, Sainte-Anne de Détroit, autres registres, 1704-1744, 1706, PP9, 10 et 13, B non numérotés. 
Yves F Zoltvany, «LAUMET dit de Lamothe Cadillac, Antoine», Dictionnaire biographique du Canada, vol. II, 1701-1740, disponible en ligne à l'adresse suivante : http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=888&interval=25&&PHPSESSID=3dnmpkm6k94eaf5ovndk4jeql2

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During her stay in Detroit, Angelique Proteau will be a godmother at three occasions.

The first time, November 21, 1706, she signed with a cross a strange record in which the child is not named, his father and mother either. And yet, the name of Angélique Proteau appears there, with the signature of the godfather Louis Normand -who signs at the bottom ot this batism record- with Dominique de La Marche, recollet missionnaire à fort Porchartrain du Detroit. Presumably the infant is a Huron boy. Many Hurons are living around the fort, with many soldiers living among or near the Amerindians outside the fort.

The second time Angélique was a godmother, the child was a Native Huron, whose name was Joseph. The godfather is the master carpenter Joseph Chabot and the godmother, our ancestor, Angélique. Once again, she draws a cross as a signature.

Our ancestor will once again sponsor a Native Huron child, a girl to be called Mary. Angélique Proteau traces her usual cross to sign the document.

One special feature this time. The document reads: "Angélique Proteau wife of one Major, a resident of Detroit". 

The fact taht Angélique is systematically a godmother to Native Huron children (assuming that the first baptism is of a child Huron) leads me to believe that Etienne and Angélique were set among -or very close to- the Native Huron population.

Indeed Antoine de Lamothe Cadillac had installed near Fort Pontchartrain Natives from Huron, Ottawa and Miami tribes and had mix the soldiers of his garrison with the Native American populations.

In addition, the war led by the soldiers of the Marine companies had more to do with what was called the little war (the guerilla as we know it now) than the usual way of fighting in Europe. A way that had disappeared long ago. But this is a whole other story to which we shall return shortly.

For now, let's say Angélique and Etienne hat to learn the language of their neighbours, since referral links were forged between them and the parents of three children of Native Huron converts.

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