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À compter du 1er janvier 2014, Major Boutron et compagnies déménagera sur un site bien à lui. Dès que le nouveau blogue sera en fonction, je reviendrai mettre le lien pour que vous puissiez suivre.

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Estienne ne savait ni lire ni écrire, mais il savait signer

Estienne Boutron, notre ancêtre, ne savait pas écrire - ni lire d'ailleurs. Mais il savait signer, c'est-à-dire dessiner son nom, un peu comme les enfants d'âge préscolaire qui dessinent leur nom au bas d'une oeuvre. J'ai abordé cette question il y a quelque temps ici.

Écrire et signer relèvent de deux processus différents. Dans un cas, on connaît les lettres et on peut les assembler pour former des mots; dans l'autre, on ne connaît pas les lettres, mais on sait dessiner son nom.



Voici un exemple tiré de Saint-Martin de Laval, 1797, dans la page où l'on trouve le baptême de Jean Baptiste Botron, fils de Louis et de Madeleine Ardouin. Le rédacteur, Lemaire Saint-Germain, indique que le parrain et la marraine ne savent «ni écrire ni signer». Rares sont les rédacteurs qui apportent la précision, mais on en trouve tout de même régulièrement.


Dans le premier acte on peut lire que la marraine d'Antoine Brien Dufresne, Marie Anne Brien, savait signer. Et l'on peut constater sans l'ombre d'un doute que la signature et l'écriture sont deux processus différents.


Lorsque nous séparons ces processus, nous commençons à comprendre que certains de nos ancêtres, comme Estienne, avaient beau signer des documents, ils ne savaient pas écrire ou lire. S'ils avaient appris de telle manière - comme Estienne qui signait Bontron - c'est qu'ils l'avaient appris ainsi. Quand Estienne s'exprimait, il prononçait Boutron et Maior (l'ancien, en latin), comme on a pu le voir déjà à plusieurs reprises.

On peut considérer la forme Bontron comme les formes Beaudrot et Majore, Magor, ou Mageor, ou Majeur : des manifestations de l'autonomie ou de la surdité des rédacteurs. Certaines de ces formes sont restées, mais ne représentent pas davantage la vérité historique pour ce qui concerne Estienne, l'ancêtre commun.


Source : Saint-Martin de Laval, île Jésus, 1796-1803, 1797, F28V29R, actes non numérotés

2 commentaires:

Bonsoir
Effectivement,ce n'est pas parce que nos ancêtres signaient qu'ils savaient forcément lire et écrire!
J'aime bien votre expression "ils dessinaient", mais je pense surtout qu'avec plus ou moins bien de talent ils savaient reproduire leur nom!
En effet j'ai trouvé en acte en Bretagne ou le curé précise qu'un témoin peut signer et l'autre non car il dit "ne pas s'être munit de son modèle"!!!!
Bonne soirée

Merci beaucoup pour votre message. Si jamais vous retombez sur cette occurrence ou sur une du même genre, auriez-vous la gentillesse de me la faire parvenir? ruthmajorlapierre à gmail point com

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